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06/07/2012

Royaume Uni : la question de sortir de l'Union européenne s'amplifie

Cameron, Royaume-Uni, euro, europe



Alors que la crise de l'euro et de l'Union européenne s'étale désormais au grand jour, c'est désormais au Royaume-Uni que la situation commence à son tour à se déliter.

Le Premier ministre britannique conservateur David Cameron a beau être un parfait atlantiste, complètement sous la coupe des autorités américaines, il n'en est pas moins soumis à la pression croissante des « eurosceptiques » de son propre parti, eux-mêmes inquiets de la popularité grandissante des analyses anti-européennes du UKIP de Nigel Farage.

L'équation se complique par le fait que les partenaires des Conservateurs, les Libéraux-démocrates, sont pro-européens. David Cameron est ainsi tiré à hue et à dia, tout en sachant que Washington mettra évidemment toute la pression pour empêcher le Royaume-Uni de sortir de l'UE.

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UN NUMÉRO DE FUNAMBULE DANS LE SUNDAY TELEGRAPH
DU DIMANCHE 1er JUILLET 2012
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Face à tout ce remue-ménage, le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté a tenté de rassembler ses propres troupes,
en publiant un article de haute voltige, hier 1er juillet, sur le site du Sunday Telegraph.

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1°) Le Premier ministre anglais ne veut pas une sortie de l'UE
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David Cameron a tout d'abord assuré qu'il ne veut pas que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne.

Compte tenu des contraintes politiques qui sont les siennes et que je viens de rappeler, il n'y a là rien de très surprenant.
Mais le simple fait que le Premier ministre britannique évoque publiquement cette hypothèse est en soi un événement.

Imagine-t-on en France le Premier ministre français expliquer posément dans un grand média qu'à la différence de certains de ses compatriotes, il ne souhaite pas, lui, que la France sorte de l'UE ?

Preuve de la chape de plomb de nature totalitaire qui s'est abattue sur notre pays, cette simple déclaration, qui serait pourtant si normale et si banale dans n'importe quelle démocratie, est tout simplement impensable chez nous. Car, en France, le principe même de la construction européenne est aussi interdit de contestation que l'était le Dogme de l'Immaculée Conception sous le Second Empire.

La critique de la construction européenne est certes encore autorisée chez nous, dans la mesure où elle reste à l'état de "coup de gueule" superficiel et qu'elle ne soit assortie d'aucune solution crédible.

Mais toute contestation précise et technique de ses origines historiques, de son bien-fondé, de ses objectifs et de sa finalité, constitue un sacrilège aux yeux de l'oligarchie qui verrouille nos médias et notre scène politique. L'idée même que l'on puisse sortir de l'UE a été ainsi diabolisée en France, par un matraquage médiatique effréné depuis trois décennies.

On remarquera donc au passage :
- à quel point la parole est plus libre outre-Manche que chez nous (ce n'est pas nouveau, c'est une constante historique depuis 8 siècles !) ;
- à quel point l'idée même de sortir de l'UE y a progressé ;
- à quel point la différence est saisissante avec la France, où les analyses et les propositions de l'UPR sont purement et simplement interdites dans tous les grands médias et dans tous les débats.

>> Suite sur le blog de François Asselineau