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11/08/2010

Le Traité de Lisbonne, le traité de trop...

traité de lisbonne.jpg


Souvenez-vous!
Le traité de Lisbonne est l'un des noms du traité destiné à remplacer le traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE souvent appelé constitution européenne dont Valéry Giscard d'Estaing en a été l'auteur). Son véritable nom est "Traité modificatif". Il a été signé le 13 décembre à Lisbonne d'où son nom.

Pour faire simple et c'est toujours difficile dans les productions européennes, ce traité concède d'une part de nouveaux pouvoirs aux institutions européennes dont leur champs d'intervention était déjà grand. Même si les politiques publiques européennes ne fonctionnaient pas de façon optimale, paradoxalement, le traité leur confère plus de compétences... Chercher l'erreur.

Ce traité tente également de corriger un problème existentiel de la construction européenne : doter l'Europe d'une dimension politique. Hélas, ce n'est pas en nommant un président du conseil européen, soit un Président de l'Union européenne que les choses vont se régler. En l'espèce c'est le contraire. Comme dans tout démocratie qui se respecte, les plus puissants responsables politiques sont élus par le peuple. Partout, sauf en Europe. Aujourd'hui, on se retrouve en effet, avec un président (Monsieur Herman Van Rompuy)non élu au suffrage universel, à la tête d'un empire peuplé de plus de 500 millions d'habitants. Un comble!

Le traité a voulu bien faire également en nommant aussi un chef de la diplomatie et des relations extérieures. Mais au-delà du coût exorbitant des frais de fonctionnement d'un service comptant près de 6 000 personnes, une querelle de chefs apparaît au sommet de la pyramide européenne.

Le président de la Commission, la responsable du services des affaires extérieures, le Président du Conseil européen et le Président tournant de l'Union européenne se marchent forcément dessus ; chacun souhaitant exister sur la scène européenne et mondiale. Une belle cacophonie par ailleurs pour les pays étrangers. Le traité de Lisbonne devait faciliter et simplifier les échanges et les relations, nous voilà servis !

Mais le plus incompréhensible est la manière dont ce traité a été approuvé par les pays membres de l'Union européenne. Alors que plusieurs pays comme les Pays Bas, l'Irlande et la France avait rejeté par référendum le projet de constitution pour l'Europe, les gouvernants sont passés outre et ont forcé le destin. Ils ont ratifié par la voie parlementaire le traité et violé ainsi la démocratie.

Leçon n° 12 : Jamais une démocratie n'a fait jusqu'ici la guerre à une démocratie (Jacques Attali).


Site de l'UPR

09/08/2010

Le paradoxe de l'exemplarité de l'Union européenne

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Une incohérence choquante de plus !

Alors que le gouvernement français a prévu d’augmenter de 0,5% le salaire des fonctionnaires français suite à de âpres négociations avec l’ensemble des syndicats dans un contexte économique et financier difficile, l’Union Européenne envisage, elle, d’augmenter de 6% les salaires européens.

A croire que les instances européennes ne semblent pas touchées par la crise. Une forme d’immunité supranationale est née. Comme si de rien n’était, sans que les gouvernements des Etats membres s’en préoccupent, l’Europe décide d’octroyer de riches revalorisations salariales avec l’argent des autres… Une telle hausse de salaires en France ne s’est jamais vue. Je n’ai que le souvenir que d’une hausse de +10% du SMIC en 1981 avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir par nécessité symbolique.
Mais le plus troublant et le plus choquant, c’est que la France est contrainte pour 2011 d’augmenter sa contribution au budget de l’Union Européenne pour faire face à de nouvelles dépense dont la croissance incompréhensible des fonctionnaires européens.

Et nos politiques là-dedans ? Je vous laisse lire, dans l’avant dernière question de l'interview ci-après, la réponse de l’un d’entre eux qui illustre le niveau de leur envie et leur capacité d’agir et leur possibilité à contrer ces initiatives. http://www.lesechos.fr/info/france/020649024925.htm

Leçon 11 : Etre capable de respect est aujourd'hui presque aussi rare qu'en être digne. (Joseph Joubert)

Le site de l'UPR

06/08/2010

La disparition inéluctable de l'Europe

La presse parle d'europe.jpg


Je vous livre ici les meilleurs extraits d'un article paru dans le Monde en juillet 2010 et passé presque inaperçu...


L'Europe serait-elle condamnée à disparaître ?
Article paru dans l'édition du Monde daté du 09.07.10


"On s'en veut de plomber les vacances de ceux qui croient encore dans l'Europe mais les nouvelles du front sont mauvaises. Ce n'est pas seulement le dernier numéro du magazine américain Time (12 juillet), qui qualifie l'Europe de « continent perdu ». Ni la dernière livraison de Newsweek (12 juillet), qui juge les banques européennes dans un état « pire que Wall Street ».

Il y a du plus lourd, une enquête de l'excellente revue américaine The American Interest (juillet-août 2010). Elle pose une question simple : « Est-ce que l'Europe peut repartir ? » Réponse : rien n'est moins sûr.

Huit essayistes, quatre des Etats-Unis, quatre du Vieux Continent, s'interrogent sur l'avenir du projet européen. Leur diagnostic est pourtant identique : sauf sursaut, en général jugé improbable, le déclin de l'Union européenne (UE), en tant que puissance économique et politique singulière, est jugé quasi irréversible. Ce serait la fin d'une belle histoire, la mort annoncée de quelque chose qui appartient au XXe siècle.

Il y a d'abord un problème de foi. Pour que l'Europe continue à exister en tant que projet politique, il faut que les premiers intéressés y croient - pas seulement quelques élites, si savantes et bien intentionnées soient-elles.

Or, les Européens doutent, dit l'Américain Kurt Volker, spécialiste des relations transatlantiques à la Johns-Hopkins University School of Advanced International Studies : « Pourquoi le monde aurait-il foi dans un modèle dans lequel les Européens eux-mêmes ne paraissent plus croire ? »

Journaliste au groupe Welt, l'Allemand Michael Stürmer estime que les dirigeants du Vieux Continent sauront éviter un effondrement de l'UE. Ce qu'ils ne peuvent plus cacher, en revanche, c'est leur incapacité « à s'entendre sur ce que serait une Union à fort contenu politique, à l'intérieur et à l'extérieur, prête à dispenser dans le monde l'influence européenne ».

Walter Laqueur, le grand historien américain d'origine allemande, est sur le même registre. Amoureux déçu du projet d'intégration européenne, il a écrit, en 2007, un livre chagrin, au titre péremptoire : Les Derniers Jours de l'Europe. Prolongeant ce triste lamento dans The American Inte rest, il observe que l'UE est, certes, une vaste zone de libre-échange, mais pas grand-chose d'autre. Au-delà d'une politique agricole aujourd'hui contestée et d'aides structurelles à ses régions les plus retardées, l'Union n'existe guère : pas de politique énergétique commune, ni de défense ni de diplomatie singulières qui l'identifieraient comme un Grand parmi les Grands de ce monde.

La conclusion de Laqueur est féroce. Le modèle européen se rapproche de celui que présente l'Amérique latine, écrit-il. Voilà des pays qui sont en passe d'établir une zone de libre-échange, « entretiennent une culture ancestrale commune », « vivent généralement en paix les uns avec les autres, et s'abstiennent de porter tort au reste du monde »...

L'UE a manqué de chance. Elle n'a pas raté son rendez-vous avec les pays de l'ex-Empire soviétique. Elle les a intégrés, mais cet élargissement - juste cause - s'est fait au détriment de son approfondissement. Cette vieille querelle ne relève pas de la rhétorique. A vingt-sept, l'Europe serait ingérable, « étendue à un point qu'elle ne peut prendre de décision » sur les sujets qui fâchent, mais lui donneraient corps : politique énergétique et relations avec la Russie, rapport à l'islam et relations avec la Turquie, etc.

Pierre Hassner, spécialiste français des relations internationales, explique bien que cette paralysie a conduit les grands pays - notamment l'Allemagne et la France - à renationaliser certaines de leurs politiques. Quand l'élargissement eût commandé un surcroît de fédéralisme, « les principaux gouvernements européens n'ont eu de cesse d'augmenter leurs propres pouvoirs nationaux ».

Contradiction interne toujours : selon le Bulgare Ivan Krastev, l'Europe économique réclame une immigration plus nombreuse, que l'Europe politique n'accepte pas. L'effondrement de la démographie européenne, le vieillissement de la population appellent davantage d'immigrants, ce que les pays membres ne paraissent pas en mesure de tolérer. L'avenir social de l'UE - financement de la santé et des retraites - exigerait de réorienter l'Etat-providence en privilégiant les dépenses d'intégration des immigrants."


Alain Frachon

Leçon n°10 : Il est de la nature de l'évidence qu'elle passe inaperçue (Jean Paulhan)

Le site de l'UPR

04/08/2010

Le perpétuel chantier de la construction européenne

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L'Europe a 60 ans et le chantier de sa construction perdure et ne semble guère fini. Tant bien que mal, les gouvernement forcent le destin et tentent à coups de traités successifs de corriger les erreurs et les défaillances de cette institution.

L'architecte d'un tel édifice semble avoir abandonné la mission. Au-delà des délais qui ne sont pas respectés, le coût global du projet explose. D'un point de vue des investissements (education, securité, justice, patrimoine, environnement), on peut être septique quant aux réels bénéfices des politiques européennes en la matière. En ce qui concerne les frais de fonctionnement, ils sont en nette augmentation. Avec les nouveaux adhérents successifs qui entraînent des hausses des coûts de structure (traductions, indemnités, logements, bureaux, intendance, ...) et les nouvelles compétences transférées à l'Union Européenne, le budget de l'Europe s'envole...

Quant aux différents acteurs de cette construction, ils peinent à s'entendre sur les plans. Même si il y a 60 ans les fondations ont été réalisées sur un projet précis, les murs sont encore montés aujourd'hui sans respecter les plans d'origine. Il s'agit d'un nouveau genre de construction : la construction dite "comme on peut" ou "au fur et à mesure avec les moyens du bord". Le plus original dans ces nouvelles normes, c'est qu'il n'y aurait pas de limite dans le temps, ni dans l'espace. Tout peut être ajouté à tout moment suivant les envies, les humeurs et les opportunités.

Le plus choquant dans l'histoire, c'est que le bâtiment Europe, en pleine construction, est habitée depuis l'origine par des millions de personnes.

Seriez-vous prêt à accepter un tel chantier pour la construction de votre habitation qui ne respecte ni le budget, ni les délais, ni les objectifs fixés au départ ?

Face à un tel échec, le système s'astreint à occulter les débats et toutes les discussions au sujet de l'Europe pour éviter les polémiques puis un effondrement de l'Union Européenne.

Leçon n°9 : Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures. (Pierre Charron)

Le site de l'UPR

03/08/2010

La politique européenne est contre productive

Nous sommes actuellement 27 Etats membres de l'Union Européenne. Au moins 3 Etats attendent une intégration (Turquie, République de Macédoine et Croatie) et plusieurs autres pays de l'Est patientent nerveusement dans l'espoir d'une invitation (Bosnie, Kosovo, ...). Ainsi à l'horizon 2015 ou 2010, si rien ne change, l'Europe sera composée d'au moins 33 ou 35 Etats. Mais la construction européenne, en perpétuel chantier ne s'arrêtera pas là et d'autres candidats pointeront leur nez toujours plus alléchés par des avantages financiers prometteurs.

Le gouvernement actuel reste discret sur ces questions d'élargissement de l'Union Européenne pour ne pas perturber l'opinion suffisamment échaudée par les dérives actuelles de l'Euro et de la crise d'endettement de plusieurs pays qui menace de faire imploser le Vieux continent. Pas de débat, pas de polémique, ne creusons surtout pas le sujet : tels sont les mots d'ordre... Il s'agit d'attendre quelques mois le temps que le contexte mondial plus favorable dissipe les doutes et que les médias prennent le relais avec la campagne pour les présidentielles 2012. Et nous serons repartis pour un tour jusqu'en 2017!

Les procédures de négociations en Europe sont complexes, longues, coûteuses, partiales, influencées par des intérêts privés, et irréversibles. C'est notamment le nombre de décisionnaires autour de la table qui génère ce désastreux bilan. Comment pouvez-vous, en toute logique et objectivité, décider rapidement et facilement lorsque vous vous retrouvez avec 27 négociateurs qui ont chacun des objectifs à atteindre et des intérêts différents à défendre? En effet, lors de chaque "round" de négociations, chaque émissaire représentant son Etat part avec une lettre de mission dans laquelle est mentionnée les directives et les priorités en jeu. Les 27 représentants se retrouvent ainsi à trouver une solution sur une problématique concernant 500 millions de personnes et 27 pays tout en préservant chacun leur intérêt étatique. C'est une équation impossible à résoudre sauf à décider d'un consensus qui n'est que le plus petit dénominateur commun donc sans véritable importance pour chaque Etat.

Tout au long de l'année, l'Europe crée ainsi des décisions sans réelle envergure européenne et qui n'apportent également aucun véritable avantage à chaque Etat.
Pour une ardoise de près de 11 milliards d'euros par an pour la France, il serait préférable de construire des logements sociaux à ce prix me semble t-il...

Leçon n°8 : Une assemblée pour décider doit avoir une nombre impair, mais trois, c'est déjà trop. (Ferdinand Foch)


le site de l'UPR