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02/03/2011

L'incroyable Monsieur Trichet !

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M.Jean-Claude Trichet, ci-devant président de la BCE, a déclaré aujourd’hui – 20 février 2011 – qu’augmenter les salaires serait « la dernière bêtise à faire » en Europe.

À l’appui de cette affirmation péremptoire, M. Trichet a mis en avant la santé prétendument « remarquable » de l’Allemagne, qui serait selon lui parvenue à réduire son chômage pendant la crise, en soulignant que « depuis la création de la zone euro », les salaires dans la fonction publique n’avaient augmenté que de 17% outre-Rhin, contre « environ 35 % » en moyenne en France et dans la zone euro ».
Source : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jOffRa...

La fausse explication de M. Trichet

M. Trichet établit ainsi une corrélation entre la baisse du chômage et la rigueur salariale. Mais cette corrélation est parfaitement fallacieuse. Outre que les chiffres qu’il avance mériteraient d’être justifiés, il oublie de parler des taux d’inflation correspondants. À l’entendre, on pourrait presque croire que les Français ont vu leur pouvoir d’achat s’accroître de 35 % depuis 10 ans !!

En réalité, si le taux de chômage de l’Allemagne a diminué en 2010 aux alentours de 6,6 % de la population active, cette diminution est principalement liée à une cause sur laquelle M. Trichet garde le silence, à savoir la bonne tenue de la croissance allemande (qui a atteint le pourcentage assez remarquable de +3,6 % en 2010). Cette croissance est beaucoup plus élevée que dans la zone euro (+1,7 %) et qu’en France (elle n’a atteint chez nous qu’un très maigre +1,5 %, équivalant quasiment à une stagnation).

Cette bonne croissance allemande en 2010 a été principalement due aux bonnes performances à la grande exportation, notamment vers les pays en fort développement (Asie, etc.). Et ces bonnes performances tiennent à une caractéristique de l’économie allemande que l’on ne retrouve pas ailleurs, et notamment pas en France : les productions industrielles d’Outre-Rhin sont, depuis des décennies, traditionnellement très compétitives – et sont même parfois en situation de monopole mondial (comme pour certaines machines-outils).

Du coup, elles ne souffrent pas (ou elles ne souffrent que peu) du taux de change externe de l’euro, très élevé depuis plusieurs années (aux alentours de 1 euro pour 1,35 dollar).


La suite sur le site de l'UPR

15:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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